Vir­tua­li­sa­tion, Cloud Com­pu­ting et moi

Le Cloud Com­pu­ting, lit­té­ra­le­ment “infor­ma­tique dans les nuages”, consiste, pour une entre­prise, à délé­guer à un pres­ta­taire tiers la ges­tion de ses infra­struc­tures infor­ma­tiques com­munes (ser­veurs, équi­pe­ments réseaux,…). On dit par­fois qu’on “exter­na­lise” son sys­tème d’information. Le pres­ta­taire se charge alors, selon le contrat établi :

  • d’héberger les ser­veurs (quelque part dans le monde, peut-être à plu­sieurs endroits dif­fé­rents, et sans que le client s’en pré­oc­cupe, d’où l’expression “infor­ma­tique dans les nuages”) ;
  • de les administrer ;
  • d’y faire tour­ner les applications ;
  • de sto­cker et de sau­ve­gar­der les données ;
  • de gérer les uti­li­sa­teurs et les para­mètres des ser­vices four­nis par les appli­ca­tions hébergées.

Cette manière de gérer son sys­tème d’information est nou­velle ; tra­di­tion­nel­le­ment, chaque entre­prise dis­po­sait, phy­si­que­ment dans ses locaux, de ses propres équi­pe­ments infor­ma­tiques, ache­tés, ins­tal­lés, admi­nis­trés et exploi­tés par des infor­ma­ti­ciens internes à l’entreprise. Seules quelques rares pres­ta­tions étaient déjà délé­guées à un pres­ta­taire tiers, comme l’hébergement de sites web, ou par­fois la mes­sa­ge­rie email. Aujourd’hui, les entre­prises migrent pro­gres­si­ve­ment vers des solu­tions externalisées.

La vir­tua­li­sa­tion est l’ensemble des outils et méthodes qui per­mettent de rendre indé­pen­dants l’infrastructure (les ser­veurs) et les ser­vices (four­nis par les appli­ca­tions qui tournent sur les ser­veurs). Le ser­vice, par exemple une boite email, uti­lise alors de manière trans­pa­rente un ensemble poten­tiel­le­ment illi­mité de res­sources, répar­ties entre de nom­breuses machines phy­siques, héber­gées à divers endroits du monde, et peut être, à tout moment, redi­men­sionné ou déplacé, selon les besoins de l’utilisateur, sans qu’il n’ait rien à faire, ni même qu’il ne s’en rende compte.

Pour le client, le Cloud Com­pu­ting consiste à louer à un pres­ta­taire, une infra­struc­ture dis­tante (des ser­veurs héber­gés quelque part dans le monde) ou un ser­vice (un sys­tème de mes­sa­ge­rie pour 40 col­la­bo­ra­teurs par exemple), avec une fac­ture ajus­tée à sa consom­ma­tion réelle. Le sys­tème d’information devient donc une pres­ta­tion, carac­té­ri­sée par une capa­cité de sto­ckage, une puis­sance de cal­cul, une bande pas­sante (volume de don­nées qui rentrent et qui sortent, géné­ra­le­ment via Inter­net, entre le sys­tème d’information et ses uti­li­sa­teurs), un nombre d’utilisateurs,… Cette pres­ta­tion prend la forme d’un contrat de loca­tion, et est fac­tu­rée en fonc­tion de la consom­ma­tion réelle de ser­vices, mesu­rée selon une ou plu­sieurs des carac­té­ris­tiques pré­cé­dem­ment citées.

Les avan­tages pour le client sont nombreux :

  • plus de sou­plesse : le client peut en per­ma­nence adap­ter son infra­struc­ture à ses besoins ;
  • moins d’investissements : le client n’a plus besoin d’engager des inves­tis­se­ments lourds (ser­veurs, logi­ciels, main d’oeuvre,…) ;
  • meilleure maî­trise des coûts : que coûte un pro­duit, un pro­jet, un ser­vice, un uti­li­sa­teur, en matière de sys­tème d’information ? Tra­di­tion­nel­le­ment, on s’équipait lour­de­ment en infra­struc­ture, en essayant d’anticiper les besoins futurs, et avec une marge en res­sources, large mais dif­fi­ci­le­ment mesu­rable. Avec le Cloud Com­pu­ting, on sait exac­te­ment ce qu’on consomme, puisqu’on est fac­turé en consé­quence, et avec le détail de la fac­ture ; il devient alors simple d’imputer fine­ment ces coûts aux dif­fé­rents pro­duits ou ser­vices ou clients de l’entreprise.

La vir­tua­li­sa­tion inter­vient sur­tout du côté du pres­ta­taire. Celui-ci s’équipe mas­si­ve­ment en infra­struc­tures, fusionne leurs capa­ci­tés de sto­ckage, cal­cul, trans­fert de don­nées, et loue cette immense res­source vir­tuelle à ses clients, en leur fac­tu­rant exac­te­ment ce qu’ils consomment. Ceci est com­pa­rable au fonc­tion­ne­ment de l’EDF, qui pro­duit mas­si­ve­ment de l’électricité à l’aide de plu­sieurs cen­trales, fusionne leurs capa­ci­tés de pro­duc­tion, et four­nit aux clients l’énergie dont ils ont besoin, en leur fac­tu­rant leur consom­ma­tion réelle.

On dis­tingue 3 niveaux de ser­vices pro­po­sés par de tels prestataires :

  • l’infrastructure (IAAS, Infra­struc­ture As A Ser­vice) : le pres­ta­taire four­nit au client l’équivalent d’une “salle ser­veurs”, dans laquelle le client peut vir­tuel­le­ment créer, admi­nis­trer et sup­pri­mer ses ser­veurs, les connec­ter entre eux, et en faire ce qu’il sou­haite (confi­gu­ra­tion, ins­tal­la­tion de logi­ciels, etc…) ;
  • la pla­te­forme (PAAS, Plat­form As A Ser­vice) : le pres­ta­taire four­nit au client un ser­veur vir­tuel, pré­con­fi­guré, dont il peut faire ce qu’il sou­haite (ins­tal­la­tion de logi­ciels, etc…) ;
  • le logi­ciel (SAAS, Soft­ware As A Ser­vice) : le pres­ta­taire four­nit au client un logi­ciel hébergé et pré­con­fi­guré, que le client n’a plus qu’à para­mé­trer, et mettre à dis­po­si­tion de ses uti­li­sa­teurs (par exemple un ser­vice de messagerie).
On dis­tingue égale­ment 3 types de Clouds, c’est-à-dire 3 manières d’utiliser le prin­cipe de la vir­tua­li­sa­tion pour obte­nir un ser­vice dimen­sion­nable selon les besoins :
  • les Clouds publics : un pres­ta­taire gère des mil­liers de ser­veurs, pour pro­po­ser à des mil­liers de clients une infra­struc­ture, une pla­te­forme ou un ser­vice à la demande ; les mêmes res­sources sont donc dyna­mi­que­ment répar­ties entre dif­fé­rents clients du monde entier, via Internet ;
  • les Clouds pri­vés : un client dis­pose de ses propres équi­pe­ments, dans ses propres locaux ; de même que les pres­ta­taires, il mutua­lise vir­tuel­le­ment l’ensemble de ses res­sources, et il les affecte à la demande à cha­cun de ses pro­jets ou ser­vices internes ;
  • les Clouds mixtes : c’est l’usage simul­tané d’un Cloud privé et d’un Cloud public ; par exemple, le client héberge dans son Cloud privé son ser­vice web d’horaires de messes, mais lors des grands pics de consul­ta­tion, il déplace le site dans le Cloud public, capable d’absorber un tra­fic supérieur.
Pour aller plus loin, je vous recom­mande la lec­ture de trois articles, pré­sen­tant la vision et l’offre des trois prin­ci­paux acteurs du mar­ché du Cloud Com­pu­ting : Ama­zon, Google et Micro­soft.
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